Au bout de 5, 8 ou 12 ans d’entrepreneuriat, on ne manque pas d’idées🤭, ni d’expérience. Ce qui commence à peser, en revanche, ce sont les décisions que l’on peut multiplier, repousser, re-questionner et qui tournent en boucle dans la tête, du matin au soir.
C’est là que lorsqu’on est solopreneur, décider devient fatigant. On appelle ça la fatigue décisionnelle.
Non que ne sache pas faire, mais parce qu’on est seul à le faire, constamment.
👉🏻 Dans ce billet de blog, je vais vous expliquer l’impact des décisions à prendre, et comment le minimiser sans s’épuiser et prendre trop de risques.
- Quand décider devient plus lourd que produire
- Le grand mythe à démonter : « Avec l’expérience, décider devient plus simple »
- Le vrai problème : on confond décision et courage
- Décider plus facilement : 4 fondations (pas plus, pas moins)
- Le rôle du deuxième cerveau : une OBM stratège
- Décider moins, mais décider mieux
Quand décider devient plus lourd que produire
En entreprise, c’est un phénomène bien documenté (source : Revue Gestion HEC Montréal) : plus on enchaîne des arbitrages, plus la qualité des décisions se dégrade (et la pile mentale se vide).
Ce qu’on vit à ce stade, ce n’est pas un problème de motivation (ce qu’on peut croire à tort), mais plutôt de pilotage.
Quand l’organisation interne est floue, on manque de repères stables pour trancher : priorités, critères, “qui fait quoi”, et séquence d’exécution.
La conséquence, c’est que chaque décision devient un mini-projet à reconstruire, donc on consomme plus d’énergie mentale… pour moins de qualité.
𖣢 Quand l’énergie devient variable, la décision devient un coût invisible.
Le grand mythe à démonter : « Avec l’expérience, décider devient plus simple »
C’est pour moi, totalement faux.
Bon, je vais être plus nuancée…
Ou plutôt, c’est incomplet.
Avec l’expérience, on voit plus de paramètres et d’impacts des décisions que nous avons à prendre. Plus de conséquences à moyen et long terme. Ce qui engendre une décision non plus binaire, mais systémique.
Par exemple, on se retrouve à penser :
- si on change cet outil, qu’est-ce que ça implique sur nos process, nos routines et notre charge mentale ?
- si on accepte ce client, qu’est-ce que ça désorganise dans nos priorités et notre planning projet ?
- si on lance ce projet, qu’est-ce qu’on met en tension dans l’existant, et quels arbitrages on doit assumer ?
On ne décide plus seulement avec la tête, mais avec un écosystème total, et aussi avec l’énergie dont on dispose, puisque nous sommes seuls.
Et ça, peu de méthodes de prise de décision en parlent 🤭.
Le vrai problème : on confond décision et courage
Beaucoup de solopreneurs avancés pensent que s’ils bloquent, c’est un manque de courage, de clarté ou de volonté. En réalité, c’est souvent un problème de cadre.
Pourquoi ? Car prendre des décisions :
- sans les relier à une vision claire (si besoin, on peut repartir de là : Tracer sa vision, ses objectifs et projets : le remède clarté du solopreneur)
- sans les inscrire dans une organisation interne stable
- sans tenir compte de la charge mentale déjà présente
C’est prendre des décisions avec plus de risques.
Or, décider facilement, ce n’est pas décider vite, mais décider dans un système prévisible, organisé et qui soutient.
𖣢 Une décision isolée devient lourde. Une décision intégrée devient fluide.
Décider plus facilement : 4 fondations (pas plus, pas moins)
Quand on est solopreneur, on peut s’appuyer sur la méthode des 4 fondations pour décider.
1) Clarifier la vraie nature de la décision
La plupart du temps, on ne bloque pas sur la décision, mais plutôt sur ce qu’elle représente :
- est-ce une décision stratégique ou juste opérationnelle ?
- une vraie bifurcation ou un ajustement temporaire ?
- ou une décision à fort impact… ou plutôt une fausse urgence ?
Avant de trancher, on doit remettre la décision à sa juste place. C’est souvent là que le brouillard commence à se dissiper.
𖣢 Une décision mal nommée devient un poids inutile.
2) Sortir du piège du « oui / non »
Quand on est seul, on voit rarement plus de deux options : oui ou non.
- je fais ou je ne fais pas
- j’accepte ou je refuse
- je change tout ou je ne change rien
Or, dans un business déjà installé, il existe toujours des options intermédiaires, des décisions réversibles, des phases de test et des choix temporaires.
Ne pas voir d’alternative c’est un signe fort d’un excès de charge mentale.
Petit aparté, si tu aimerais tester le niveau de ta charge mentale, tu peux passer un test gratuit juste ici.
3) Mesurer l’impact énergétique, pas seulement le ROI
C’est ici que beaucoup de décisions “logiques” deviennent toxiques, parce qu’on analyse le factuel : chiffres, temps, rentabilité.
Mais on oublie quasi systématiquement :
- l’impact sur le rythme
- la récupération
- la clarté mentale
- la soutenabilité sur 6 ou 12 mois
Une bonne décision n’est pas celle qui rapporte le plus vite, c’est celle qu’on peut assumer sans s’épuiser.
4) Ne plus porter la décision seul
C’est le point de bascule ☝🏻 stratégique ! À un certain niveau de maturité, continuer à tout décider seul n’est plus une preuve d’autonomie. Ca devient un risque :
- de rumination
- de décisions prises en fatigue
- de désorganiser un système qui fonctionnait
- d’image de l’entreprise
- d’impact sur la qualité
- d’éloignement avec ses clients actuels
- pour la fidélisation
C’est exactement là que le rôle d’un regard externe structurant devient clé.
𖣢 Un deuxième cerveau ne décide pas à ta place. Il t’aide à décider sans t’abîmer.
Le rôle du deuxième cerveau : une OBM stratège
Quand je dis “deuxième 🧠”, je ne parle pas de quelqu’un qui donne un avis de plus. Je fais mention d’une professionnelle, qui pilote avec le solopreneur. La stratégie, la décision, l’organisation interne et l’exécution.
Dans mon travail d’OBM, je ne cherche pas “la bonne décision parfaite”, mais plutôt celle qui est la plus juste dans le contexte réel (vision, ressources, marché, énergie).
Ensuite, je rend la décision applicable dans le quotidien, concrètement je vais :
- clarifier l’objectif et le niveau de la décision (stratégique, opérationnel, projet)
- remettre la décision dans le système (vision, priorités, capacité réelle, contraintes)
- traduire la décision en organisation interne (process, rituels, outils, règles simples)
- sécuriser l’exécution en mode gestion de projet (jalons, prochaines actions, risques, charge)
- réduire la rumination avec des critères et une mémoire de décision
C’est ce mix (stratégie + organisation interne + gestion de projet) qui redonne de la clarté, de l’énergie et de la simplicité.
𖣢 Une décision devient légère quand elle est portée à deux, et quand elle est transformée en plan clair.
Décider moins, mais décider mieux
Pour prendre des décisions plus facilement lorsqu’on est solopreneur, l’objectif n’est pas de devenir un meilleur décideur, mais de réduire le nombre de décisions à prendre 🌱, et avoir une vraie vision à 360° de tous les enjeux :
- en posant des cadres clairs
- en structurant l’organisation interne
- en sécurisant les choix structurants
Décider facilement, c’est pouvoir le faire avec moins de friction.
Si on se reconnaît dans ce qui précède, il y a de fortes chances que ce ne soit pas la décision qui bloque, mais la solitude décisionnelle.
Et c’est là que la santé mentale entre en jeu : plus on décide en surcharge, plus on rumine, plus on s’épuise. Réduire le volume de décisions, clarifier les règles du jeu, et s’appuyer sur un cadre stable, c’est aussi une façon très concrète de protéger son énergie (et sa clarté d’esprit).

